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Nightcall









Nightcall - © copyrights some[wh]air Brussels October 2012

Le moteur résonne dans ces rues désertes. Une vision, deux visions, trois... Ça suffit pour que ma main se pose sur le frein à main. 3h du matin. Le vent glacial de l'hiver s'agrippe à mes mains. Dans les reflets le vide s'entrecroise avec l'invisible. Les lumières artificielles font apparaître ces ombres nocturnes. Presque imaginaires. Des lignes et des structures éclairées par la nuit tracent mes pas arbitraires. - Ces pas effectués il y a 8 ans à Paris. - Dans la nuit, dans la terreur, dans le doute, dans le chaos. Pour fuir l'insomnie, l'attente, le cauchemar trop réel. Aujourd'hui, j'ai moins peur. L'appareil à la main, c'est la curiosité qui me fait avancer. Voyager dans les sensations. Je ne fuis plus. Je m'échappe juste. Toujours dans cet ailleurs qui est le mien. Intouchable. Je le deviens avec lui.

Where Innocence is Burned in Flames






Se poser des questions. Et perdre son temps. Attendre le moment opportun. Pour rater l'instant. Étouffer ses envies. Et les regretter après. S'écouter. Se laisser surprendre. Se laisser emporter par le courant des instincts. Que ça me réussit ou pas ? C'est pas vraiment la question en fait. Ça me fait du bien. C'est plutôt ça.

Living in this Blended Light


 

Living in this Blended Light - © copyrights some[wh]air Brussels January 2013

29 ans. À faire des aller-retours. Entre l'Est et l'Ouest, entre les hauts et ces bas, entre les rires et les larmes, entre la réalité et mon imaginaire. Extrême. Je l'ai toujours été finalement. Tiraillée entre deux cultures quasi opposées, tentant de trouver ma place ailleurs que dans ma tête. Mais je ne m'égare plus. Parce que je sais exactement où je veux aller. Cette peur de perdre, de me tromper, de choisir le mauvais chemin. Je les ai perdues. Au fil des années. Sur mon chemin. Ou plutôt je m'en suis défaite. J'ai trébuché, stagné, fait demi-tour. Et pas qu'une fois. Mais quand je me retourne derrière moi, je ne regrette rien. De ces amas de souvenirs de toutes les couleurs qui m'ont teintes. Qui me définissent. J'ai avancé. Comme j'ai pu. Et je peux dire une chose. Jamais à demi-mesure.

Merry X'mas, Happy New Year, I'm Fucking Alive

© copyrights some[wh]air January 2013

Je suis allée 2 semaines au Luxembourg pour faire un montage vidéo, j'ai bossé les WE, le 24 et même le 25 décembre, j'ai fait un aller retour express pour fêter tout de même noël, j'ai eu un cadeau plutôt peu ordinaire de mes parents, j'ai survécu à la fin du monde comme tout le monde, je suis revenue sur Bruxelles, je suis tombée malade morte de fatigue, j'ai fêté le nouvel an malgré la fièvre et le nez coulant, des test-shoots aussi, j'ai déprimé, suffoqué, discuté, je me suis remise (une fois de plus) en question, j'ai beaucoup beaucoup beaucoup dormi, (re)fini Scrubs en moins d'une semaine, joué beaucoup trop sur mon nouveau jouet, je n'ai pas touché à un appareil photo pendant presqu'un mois, et j'ai délaissé mon ordinateur en suspens, revu enfin quelques amis, trouvé un boulot à mi-temps, et j'ai enfin repris ma vie normale ET virtuelle aujourd'hui. On peut le dire, j'ai eu plutôt une fin et un début d'année mouvementés, voilà pourquoi je n'ai même pas eu le temps de faire un petit article pour vous souhaiter un joyeux noël et surtout une bonne année 2013. Donc je le fais avec 18 jours de retard. Mieux vaut tard que jamais. Bonne année 2013. Qu'elle soit meilleure que mon début de l'année en tout cas ! (C'est pas très dur en soit).

The Morning Wishes Me a Good Night









The Morning Wishes Me a Good Night - © copyrights some[wh]air Brussels August 2012

Le silence. Ou presque. L'humidité encore refroidie par la nuit s'égoutte au fur et à mesure que le ciel se dévoile de son obscurité. Je t'ai toujours aperçu qu'en fin de journée, embrasser l'horizon une dernière fois avant de partir. Sans me promettre qu'on se reverra. J'espère à chaque fois que ça ne sera pas la dernière fois, sans pour autant être là. Pour toi. Alors ce matin-là, j'ai décidé. De profiter de toi tout le temps que ces jours longs d'été me le permettent. Te voir arriver avec ce calme presque religieux, te voir monter dans le ciel qui promet de ne pas te cacher, te voir caresser chaque infime détail qu'on ne remarquerait sans toi. Voir le monde se colorer un peu plus à chaque pas que tu fais. Changer, chanter. Et crier. De joie, de lumière, en silence. Pousser un soupir étouffé pour que tu ne le remarques pas. À quel point je peux t'aimer. À quel point j'ai besoin de toi. Parce que c'est tellement rare. Ces moments où je n'ai pas peur que l'on me quitte. Que je n'ai pas à me presser. Avant que. Parce que je savais que tu resterais. Encore longtemps. Que tu m'accompagnerais. Sur ces routes remplis de souvenirs. Et d'inconnus à graver aussi. Pour que je ne me perde pas. Pour qu'on ne se perde pas de vue. Pour continuer ce bout de chemin encore avec toi.

We Own The Sky






 We Own The Sky (Model : Eric B.) - © copyrights some[wh]air April 2012


La nuit où la pluie tombe, je m'enferme toujours à double tour. Pour ne pas voir le ciel pleurer avec moi, pour ne pas tomber dans ses bras et y rester pour toujours. C'est juste à tes côtés. Que les voitures semblent ralentir leur cadence, les visages étrangers s'adoucissent, que la pluie se réchauffe. Te suivre là où tes pas te guident, regarder ton dos se retourner pour t'assurer que je n'ai pas perdu le chemin, sentir la fumée de cigarette que tu viens d'expirer arriver jusque moi. C'est ces moments qui changent la ville nocturne que j'évite d'explorer seule. Parce que tu es là. À mes côtés.

I Miss You


Deep in the winter forest - © copyrights some[wh]air December 2011

Ce froid qui pénètre à travers les couches d'hiver. Je glisse, je ralentis, je regarde par terre. Tu es belle et pourtant je ne t'ai jamais vraiment aimée. De loin, juste de loin. Cette année, tu n'es pas encore revenue. Et tu me manques. Malgré moi. Alors reviens vite. Le temps d'une journée. Que je te contemple à nouveau de loin. Que je te marche dessus. Que je te photographie. C'est toujours comme ça. Quand tu décides de ne pas te montrer que j'ai envie de te revoir. Pour cacher à nouveau tout ce qui a été sali durant tout ce temps d'absence.

Bad Kids

Music

Bad Kids (Model : Eric B.) - © copyrights some[wh]air September 2011

Jeter par terre le marcel, fumer une clope, sentir le soleil entrer sous la peau, s'asseoir dans l'ombre, boire une ou deux bières, fumer une clope, crier, dormir, se faire lever par le soleil traversant la pièce, regarder le ciel changer de gueule. J'adore l'été. On s'en fout d'où est ce qu'on met nos pieds, le corps se lâche, l'esprit se remplit de bons souvenirs. C'est mon dernier été en tant qu'étudiante. Il faut que j'en profite jusqu'au bout.

The Sense of Me

Music

Try to try again
To hear yourself again from time to time




The Sense of Me (Selfportrait) - © copyrights some[wh]air Brussels June 2011

These Summer Nights




 Summer Night - © copyrights some[wh]air Luxembourg May 2011

Dévaler les forêts de bambou et en ressortir avec une vingtaine de piqure de moustiques. Croquer les concombres fraichement cueillis des mains marquées par les années de grand-père. M'allonger et sentir l'odeur tellement spécifique du tatami monter avec la chaleur. Compter les pépins des pastèques que grande-mère a coupé avec habileté. Sentir le vent frapper contre le visage tout au long de ce chemin qui longe les rizières. Écouter les coups de canon balançant milles fleurs de feu dans le ciel. Gouter les milles nouveaux produits sortis depuis ma dernière visite. Sentir encore plus cette chaleur humide aux chants des cigales qui se donnent à cour joie sans jamais s'arrêter. Entendre cette langue dans chaque coin de rue. Les lire, les comprendre, et malgré tout, se sentir ailleurs. L'été pour moi, c'était tout ça. Des semaines coupée du monde européen, plongée dans cette culture qui ne m'est pas si indifférente. Je regarde chaque chose avec des yeux d'enfant. Ça fait plus de cinq ans que je n'y suis pas retournée. Et surtout à cette période de l'année, où chaque souvenir d'enfance refera surface. Avec mon nouveau regard. Je me demande ce qui va venir devant mon objectif. Je me demande si l'air aura une couleur différente d'ici... À voir.

D - 7



Greece - © copyrights some[wh]air Greece August 2009

Je n'ai qu'une seule envie. Que ce jury soit fini, que je sois en vacances, que je recommence à faire des photos... Encore 7 jours et mon vœu sera exaucé. Mais en attendant, j'ai encore beaucoup de craquages qui m'attendent...

(Last) Summer Days

Summer Days




 Summer Days - © copyrights some[wh]air Chaumont May 2010
 © copyrights Eric Bel Chaumont May 2010 (Photo 3)

Quand on a plusieurs pellicules qui se trouvent depuis des mois et des mois dans la boîte "À faire développer", et qu'on a la bonne idée de rien noter dessus, on se retrouve à jouer au amstramgram pic et pic et colegram pour en choisir une au hasard avant que le portefeuille se retrouve vide avant la fin du mois. Du coup, j'ai comme cette excitation qu'une petite gamine a lorsqu'elle ouvre une boîte à surprises quand je vais chercher mes développement au labo. Et c'est par le destin du hasard que j'ai redécouvert ces photos sur la route du retour, bercée chaleureusement par ces souvenirs du début d'été d'il y a un an. Les paysages luxembourgeois que je découvrais pour la première fois par dessus son épaule, ces champs de colza et de blé qui défilaient devant mes yeux tout au long du voyage pour Chaumont, ces arrêts que j'imposais à Youn et à Eric pour faire ces photos, ces jours baignés de soleil et d'éclats de rire qui sont en train de revenir après un an. La boîte à surprises a ramené tous ces souvenirs qu'on a tendance à étiqueter trop rapidement. Et il y en a encore quelques une à ouvrir... Mais pas trop vite, pour ne pas les ouvrir toutes en même temps... !

Just the Beginning

Just You and Me - © copyrights some[wh]air Brussels June 2010

La première fois que je l'ai rencontré, c'était lors d'une réunion concernant le voyage scolaire pour la Chine. Il était grand, calme et plutôt silencieux. Il dessinait sans arrêt dans son carnet sans avoir l'air d'écouter vraiment tout ce qui s'y disait. La deuxième fois quand on s'était tous retrouvés chez lui et John, juste avant quelques jours notre départ, il n'était pas plus bavard que la première fois. Et je ne pensais franchement qu'on allait avoir plus d'échange que ce jour-là durant tout le voyage. On était et est diamétralement opposés. Lui 1m92, moi 1m53, lui le dessin, moi la photo, lui le Hip Hop, moi la végétale, lui le Chill, moi l'anxieuse, lui le présent, moi le some[wh]air. Mais le hasard des choses a fait qu'on s'est retrouvés à l'autre bout de la Terre à partager peut-être le plus beau voyage de notre vie. On a finalement découvert Pékin l'un à côté de l'autre, tous ces temples gigantesques et ces silk market, on a gravit le grand muraille de Chine ensemble, à pleurer devant le paysage les oreilles dans les mélodies que chacun avait fait découvrir à l'autre. Il a voulu être présent pour les moments difficiles qui m'attendaient au retour, j'ai voulu être présente pour qu'il ne laisse pas tomber ses bras devant un échec. Et petit à petit... Et un soir... "Vous êtes tellement différents, c'est un des couples le plus improbable qu'on n'ait jamais vu !" Oui, on est opposés. Il m'apprend à profiter du moment présent, pendant que je lui montre comment regarder de face le futur. Il me calme, je le booste, il parle, je pense, il... je... On se complète. On est peut-être différents. Mais on a su dès les premiers jours qu'on voulait la même chose. Donner un peu de soleil dans le quotidien de l'autre quand le ciel est trop gris, un peu de sourire quand l'autre a oublié ce que c'était, partager des moments comme on a connus, et avancer ensemble bras dessus, bras dessous. Ce n'est pas grave si parfois on s'essouffle. À deux, on y arrivera toujours. On a déjà parcouru certains chemins. Et pas des plus simples. Et ce n'est, je l'espère, que le début d'une longue route...

One Year Ago




Sky's the Limit - © copyrights some[wh]air China April 2010

Ça fait tout juste un an. Tout juste un an où j'ai rempli ce carnet de mon écriture automatique. Tout juste un an où j'ai senti le vent glacial de Chine frappait sur ma conscience endormie par la peur, devant cette étendue où le ciel embrassait la terre, les oreilles plongées dans la voix de Björk. Le 06 avril 2010 est une de ces dates qu'on n'a pas envie de la laisser périr dans un coin de nos souvenirs. C'est la date où j'ai retrouvé ma liberté, l'espoir que je n'espérais plus revoir, la joie de vivre que j'avais quittée depuis des années. Il a fallu du temps pour m'en rendre compte. Il a fallu que j'aille à l'autre bout de la Terre pour retrouver cette liberté dont j'avais oublié son goût enivrant. La tête plongée dans l'avenir pour la première fois depuis tant de temps, je regardais ce paysage immensément grand qui semblait s'étendre à l'infini, comme cet avenir qui venait de s'ouvrir à moi. Et il était là. Juste à côté. Débarrassé lui aussi de ses fantômes du passé, le sourire rivé aussi vers l'avenir qui ne lui faisait plus peur. Rêvant juste de recommencer à avancer, quelque part, loin de nos erreurs, nos chemins se sont finalement croisés. Ce lendemain rempli d'inconnus mais dégagé de tout nuage de doutes, on l'a finalement vécu ensemble, main dans la main, comme au premier jour. Aussi dur que ce mur à franchir, notre chemin n'a pas toujours été facile mais à chaque fois qu'on atteint ce sommet qui nous indique le prochain, on se regarde à chaque fois et on se dit tout simplement "Ça en valait la peine". Comme au premier jour.