Se poser des questions. Et perdre son temps. Attendre le moment opportun. Pour rater l'instant. Étouffer ses envies. Et les regretter après. S'écouter. Se laisser surprendre. Se laisser emporter par le courant des instincts. Que ça me réussit ou pas ? C'est pas vraiment la question en fait. Ça me fait du bien. C'est plutôt ça.
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Be Young, Be Dope, Be Proud
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Des arrivées différées, avec une destination commune. Le cercle s'agrandit, la salle se remplit, se rétrécit. Non au Mirano, oui à la Kpop et à la Jpop, les Jupiler qui auraient pu s'appeler Jupiter, les Corona hipster et un tabouret cassé. Marcher sous la pluie belge, sur les pavés bruxellois, s'arrêter et proposer des pauses Instagram. Se perdre en détournant le Sablon, déambuler sur le Chemin de Traverse pour siroter du Mojito, piquer du Whisky à un inconnu, et jeter à la gueule d'un autre "T'as les tétons qui pointent". Rentrer sous la drash nationale en taxi, dormir tous ensemble dans la même pièce, avec des matelas étalés au sol. Se réveiller vaseux, avec une voix digne de rockers, manger des Bagels à une table tellement melting-pot entre "un corse, un breton, deux métisses parisiennes, une métisse chinoise et une japonaise", digérer, se vautrer dans les matelas pour trouver la motivation pour un peu de shopping. Faire des courses, remplir le caddie de Gin, de Dr Pepper, de Red Bull, de chips et rien à manger, rentrer, se faire décolorer la moitié des cheveux par une fille qu'on a rencontrée il y a moins de 24h. Boire du Gin Tonic, imiter Antoine en train de fumer, dire Houlalaa à longueur de soirée parce qu'on n'arrive pas à aller plus loin, jouir, se gratter la joue, cinco-five-go, banane, 21 et autres multiples de 3, zouker, trouver au coins de la tête Betty, enchaîner duckface, hum hum, et prendre un bon accent belge pour Fricâdelle, Toxic ou autres tubes passant sur le moment, fesser, "j'aime la bite", 14 au lieu de 16 pour compliquer, moule-chatte-schnek-vulve, Givenchyyyy d'Andria, Zahia et faire un cri d'horreur pas du tout crédible. Se faire décolorer l'autre moitié des cheveux bourrés, à 3h du matin, finir à 5h. Se promener le lendemain dans toute la maison hantée avec un appareil photo entre rez-de-chaussée, 2ème et 3ème étage, croiser entre-temps des gens nus, trouver dans chaque pièce des phénomènes bizarres, ne pas se poser des questions parce que c'est ça la normalité. Réflexes, iPhone, Mamiya... Chacun sa vision, chacun ses envies. Sentir un peu la fin, la mélancolie. Ranger, rassembler, discuter, prendre la route tout stressés. Embrasser et enlacer sur les quais, remercier du temps partagé, au pied de la porte d'un paki fermé trop tôt, revenir juste à deux dans une maison bien trop grande, bien trop vide. Tout ça en 3 jours. Découvrir, rencontrer, partager, laisser parler son instinct, et juste profiter. Espérer que le temps s'arrête. Le retour à la réalité le lundi. Mais avec des souvenirs pleins la tête, pleins les yeux. On était des putains d'ados. Et on a adoré ça.
Pukkelpop. Björk. Musical Orgasm.
Pukkelpop. La dernière fois que j'y avais mis les pieds, je devais avoir 16 ans, je portais des baggy, des skate shoes et écoutais Korn. Depuis je n'y étais plus retournée, plus attirée par les line-ups de Dour. Et comme chaque année j'étais allée voir le site de Pukkel sans vraiment conviction. Et là, je vois un nom bondir sous mes yeux. Björk. Ah ! Björk. Mes proches le savent tous. Elle représente bien plus qu'une simple artiste accomplie méritant le respect. Il y a un peu plus de 2 ans, ses mélodies ont résonné dans mes oreilles sur ces murailles de Chine et a - littéralement - changé ma vie. Depuis, je rêvais plus que quiconque de la voir, de l'écouter, de l'admirer sur scène. La question ne se posait plus trop. Il fallait que j'y aille. Au moins le 16 août. Et c'est par ces heureux hasards que je me retrouvais le jeudi sur la route pour Hasselt. Le ciel était dégagé, le soleil accueillait fièrement les festivaliers arrivant au fur et à mesure. Entre les verres de bières, les fumées bleues de la Marijane émanant de tout côté, les rythmes rebondissant de Dirtyphonics, les performances - plutôt décevantes, cela dit en passant - de Santigold, les paroles remplies de "poésie" de Borgore, je n'attendais qu'une seule chose. 21h15. Les lumières changent, des choristes arrivent sur scène, des cris retentissent de la foule, et elle arrive. Avec ce son mystérieux qui caractérise le début de Cosmogony. Sa voix résonna, et j'étais directement transportée. Vers cet ailleurs que je recherche constamment. Où plus rien ne m'atteint, à part ce plaisir indescriptible à profiter de chaque instant. De chaque seconde. De chaque son. Hunter, Moon, Virus, Jóga, Pagan Poetry, Pluto... Autant de sons que j'écoutais derrière mon ordinateur qui prenaient des dimensions bien plus réelles, vivantes, grandes en live. Une véritable redécouverte en continu, un délice à chaque vibration, une montée inexplicable d'émotions à chaque poussée de voix. Des larmes bien plus denses qu'en Chine ont coulé à plusieurs reprises sur mes joues, perturbant totalement ma respiration. Troublant âme et corps. J'étais dans un cocon. Enveloppée par ces mélodies caressant sensuellement mes tripes, remplie de tendresse frôlant l'explosion. Coupée du monde. Faisant vibrer la foule jusqu'au dernier morceau, faisant bouger mon corps de frénésie sur les rythmes stridents de Declare Independance, elle m'a amenée jusqu'à l'extase. Jusqu'à l'orgasme. Musical. "Le meilleur concert de ma vie". Sans concessions, sans compromis, sans retenue. Tout était plus que parfait. Et je le sais pourquoi.
Windmill Field

© copyrights some[wh]air & Matam Belgium July 2012
Le soleil se lève, le vent souffle, la route nous appelle. Prendre les routes sinusoïdales, sans vraiment savoir où on va. Juste pour le plaisir de conduire, de découvrir, de se souvenir. Faire ces routes prises depuis plus de vingt ans, accélérer, ralentir, tourner et changer de directions subitement. À la recherche de ces routes sans noms. Où les éoliennes dominent le ciel et le monde. Sans savoir si on y arrivera. Les voir s'approcher, disparaître, s'éloigner, se rapprocher à nouveau. Et subitement on s'y retrouve à leurs pieds. La mélodie régulière des hélices, le soleil qui joue avec nos ombres, le ciel qui jouait des drôles de tour. Je me rappelle. Il y a plus de cinq ans, j'étais déjà partie à leur recherche. Depuis, je ne les avais jamais retrouvés. C'est un peu comme ces chemins d'aventure qui n'apparaissent qu'après les épreuves passées. Ce jour-là était le bon. Apparemment.
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This is the end. A beautiful end.
Ça y est c'est fait. Je peux enfin le dire. "C'EST FINI bordel de merde !!!!". 2 mois ? 3 mois ? Honnêtement je ne sais plus. La notion du temps, je ne l'ai plus. Juste cette impression que ça a duré des mois et des mois. Le temps a été multiplié par deux, voire trois, vu le peu de temps que j'ai dormi. "T'as un peu dormi toi ?" "Oui, oui, un quart d'heure, c'est déjà ça non ?" Comme dirait Youn, dormir de toute façon c'était bien trop mainstream. Se reposer aussi. Avoir une vie sociale, encore plus. Et si mon ordinateur pouvait parler, il m'aurait sûrement dit "tu peux me laisser reposer au moins le temps que tu vas aux toilettes stp ?"
Illustrator, Photoshop, Indesign ouverts constamment, à part quand ils décidaient de quitter de façon inopinée. La liste des choses à faire qui ne diminuait jamais, le disque dur qui se remplissait de façon assez scandaleuse. Le temps passait beaucoup trop vite. Le coup de "Dans 2 heures, je finis cette affiche" - 2 heures plus tard - "Putain de merde, pourquoi je suis aussi lente, j'ai toujours pas terminé et j'ai encore tout ça à faire !!" était devenu aussi une habitude. Comme pleurer, déprimer, vouloir tout arrêter aussi. "Je fais que de la merde", "je suis trop une merde", "je suis grave dans la merde" étaient mes phrases préférées durant ces derniers mois.
Je n'ai jamais produit autant en si peu de temps, je n'ai jamais autant dépenser pour les impressions, et je n'ai jamais senti autant la pression que cette fois. Des affiches, des affiches et encore des affiches. Des produits dérivés, des packagings, des cartes postales, des mises en page... C'était fatigant. Plus qu'épuisant. Mais finalement ça valait le coup. Vraiment. Voir l'enthousiasme du jury externe auquel je ne m'y attendais absolument pas, entendre les plus beaux compliments de tous mes proches, les bravos et les félicitations des profs... Ces brefs mais intenses moments ont effacé le reste. Et je pouvais aller dormir. Le sourire aux lèvres, la grande satisfaction personnelle au fond du cœur, et surtout avec l'esprit enfin tranquille.
C'est fini. Ça y est. J'ai encore mon corps à récupérer et surtout quelques heures de sommeil. J'ai des millions de choses à faire maintenant. Trouver un travail entre autres. Mais aussi profiter de mes amis, de mon chéri, de mon temps. Cet été ne va pas être tout repos. Mais comparé à cette période du jury, ça sera de toute façon plus reposant. Enfin, je crois ! Je posterai mes visuels plus tard, pour l'instant DODO. Mais avant que je passe en mode pause, je tiens aussi à remercier une dernière fois toutes les personnes qui m'ont supportée, soutenue, aidée tout au long de cette période plus que difficile. Sans eux, je ne serai pas arrivée là j'en suis arrivée. Alors un grand grand et immense merci, et particulièrement à une personne qui se reconnaîtra :)
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Natural Born Hypsters

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